Traduire le Coran dans une autre langue est une question importante en Islam. Ceci, car toute traduction n’est pas considérée comme le Coran lui-même, mais comme une interprétation de son sens. Traduire permet néanmoins aux non-arabophones de comprendre le message, les enseignements et les principes spirituels contenus dans le Livre. Depuis les premiers siècles de l’Islam, des savants ont autorisé la traduction à des fins d’explication et de transmission. Et ils ont toujours rappelé que seule la version arabe possède un statut religieux dans la prière et la récitation.
Afin de comprendre le statut de la traduction du Coran en langue étrangère, il faut se tourner vers les savants. A ce titre, voyons ce qu’en ont dit cheikh Ibn Al ‘Uthaymin et Ibn Baz, qu’Allah leur fasse miséricorde.
Deux niveaux de définition quant au fait de traduire
Ibn Al ‘Uthaymin a donné une explication quant au fait de traduire en disant :
« Cela désigne des sens qui renvoient à l’explication et à l’éclaircissement. »
Et dans la terminologie, cela signifie :
« L’expression d’une parole dans une autre langue. »
Quant à la traduction du Coran, elle consiste alors à exprimer son sens dans une autre langue.
Les deux types de traduction qui existent
Traduire est de deux types. Effectivement, il y a dans un premier temps la traduction littérale. Celle-ci consiste à traduire chaque mot par son équivalent exact, mot pour mot. Puis, il y a la traduction dans les sens ou par l’exégèse. Elle consiste alors à exprimer le sens dans une autre langue, sans tenir compte des mots pris individuellement ni de leur ordre. Par exemple, la Parole d’Allah :
{ Nous en avons fait un Coran arabe afin que vous raisonniez. }
[Sourate Az-Zukhruf, verset 3].
La traduction littérale consisterait à traduire chaque mot séparément :
« Nous », puis « en avons fait », puis « un Coran », puis « arabe », etc.
Quant à la traduction interprétative, elle consiste à traduire le sens global, sans considérer chaque mot individuellement ni son ordre. Et elle est proche du sens de l’explication générale.
Le jugement concernant la traduction du Coran
La traduction littérale du Noble Coran est considérée comme impossible par de nombreux savants. Cela, car elle exige des conditions qui ne peuvent être réalisées :
- Qu’il existe dans la langue traduite des équivalents exacts pour chaque terme de la langue d’origine
- Que les outils exprimant les nuances de sens dans la langue traduite soient équivalents ou similaires à ceux de la langue d’origine
- Que les deux langues soient similaires dans l’ordre des mots lors de leur composition en phrases, ainsi que dans les qualificatifs et les annexions.
Certains savants ont dit qu’elle pourrait être envisageable pour certaines expressions. Mais même si cela était possible dans quelques cas, elle reste interdite, car elle ne peut transmettre le sens dans sa totalité. Ni non plus produire l’effet du Coran arabe clair. De plus, il n’y a pas de nécessité à cela, puisqu’on peut se suffire de la traduction interprétative.
Au sujet de la traduction interprétative
La traduction interprétative est permise en principe, car elle ne comporte pas d’interdit. Elle devient même obligatoire lorsqu’elle constitue un moyen pour lire et comprendre le Livre Saint de l’Islam à ceux qui ne parlent pas arabe. Ceci, car transmettre est une obligation. Or, ce sans quoi une obligation ne peut être accomplie devient lui-même obligatoire.
Les conditions de la traduction
Voici les conditions qu’une traduction du Noble Coran doit réunir afin d’être conforme :
- Qu’elle ne dispense pas du texte original du Coran et ne s’y substitue pas. Il faut donc écrire le Coran en langue arabe et placer la traduction à côté, comme une explication
- Que le traducteur soit savant des significations des mots dans les deux langues et qu’il connaisse ce que le contexte implique
- Que le traducteur soit savant dans les significations des termes religieux du Coran.
De plus, la traduction du Noble Coran ne peut être acceptée que si elle provient d’une personne digne de confiance.
Parole de cheikh Ibn Baz quant à la traduction du Coran
Il est arrivé que cheikh Ibn Baz soit interrogé au sujet de la traduction du Coran en langue étrangère. Il a alors répondu :
« En vérité, Allah a révélé Son Noble Livre en langue arabe et c’est un Coran arabe. Il n’est donc pas permis de le lire dans une autre langue que l’arabe. Son sens est seulement traduit dans d’autres langues afin de le comprendre et de l’apprendre, pour que les non-arabophones puissent tirer profit des règles de Son Livre. Cependant, il leur incombe d’apprendre les formulations du Coran jusqu’à pouvoir le lire en langue arabe, que ce soit dans la prière ou en dehors de la prière. En vérité, la traduction est une explication de son sens, c’est-à-dire un éclaircissement destiné à ceux qui ne connaissent pas l’arabe. »
Il convient donc à tous ceux qui ne comprennent pas l’arabe de l’apprendre, et cela constitue d’ailleurs pour eux une obligation.
Question / Réponses (FAQ)
Une traduction du Coran est-elle considérée comme le Coran lui-même ?
Non. Une traduction n’est pas considérée comme le Coran lui-même mais comme une interprétation de son sens. Seule la version arabe possède un statut religieux dans la récitation et la prière.
Quelle est la différence entre traduction littérale et traduction interprétative ?
La traduction littérale consiste à traduire chaque mot par son équivalent exact, mot pour mot. La traduction interprétative consiste à transmettre le sens global dans une autre langue sans tenir compte de l’ordre exact des mots.
La traduction du Coran est-elle permise en Islam ?
La traduction interprétative est permise et peut même devenir obligatoire lorsqu’elle permet aux non-arabophones de comprendre le message du Coran. Cependant, elle ne remplace pas le texte arabe original.
Quelles sont les conditions pour traduire le Coran ?
La traduction doit être placée à côté du texte arabe sans s’y substituer. Le traducteur doit maîtriser les deux langues ainsi que les significations religieuses du Coran et être une personne digne de confiance.
